HISTOIRE DE L'ECRITURE
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![]() Tablette mise à jour à URUK, dans le sud de la Mésopotamie |
La plus ancienne
écriture, l'écriture cunéiforme (signes en forme
de coin), probablement inventée en Mésopotamie par les
Sumériens, fut utilisée au Proche-Orient jusqu'au Ier
millénaire av. J.-C. Ce mode d'écriture utilisait des traits en forme de clou, inscrits principalement sur des tablettes d'argile, mais aussi sur des pierres, des métaux, de la cire ou d'autres matériaux. Comportant à l’origine environ 1 400 symboles, elle est d’abord utilisée pour dresser des inventaires de biens et enregistrer des transactions sur des tablettes d’argile Elle évoluera pendant plusieurs siècles puis disparaîtra avec l’apparition du papyrus. |
Les hiéroglyphes
sont des caractères utilisés dans n'importe lequel des
systèmes d'écriture comportant des caractères pictographiques,
c'est-à-dire qui représentent des objets reconnaissables.
Scène extraite du Livre des morts Vers 1285 av. J.-C. |
Les inscriptions
hiéroglyphiques égyptiennes sont composées de deux
types de signes de base : les idéogrammes (images représentant
le sens du mot) et les phonogrammes (images représentant le ou
les sons d'un mot). Les Égyptiens utilisèrent les hiéroglyphes depuis l'époque du développement du système, vers 3200 av. J.-C., jusqu'à l'époque de l'Empire romain. La dernière inscription hiéroglyphique date de 394 apr. J.-C. La forme et le nombre des signes restèrent à peu près constants jusqu'à la période gréco-romaine (après 332 av. J.-C.), pendant laquelle le nombre de signes, en particulier celui des phonogrammes, augmenta beaucoup. |
| Comme d'autres écritures
anciennes, le chinois écrit provient d'une symbolisation picturale.
Il n'a évolué vers une représentation mot à
mot de la langue que lorsque ses utilisateurs comprirent que certains
termes trop abstraits pouvaient être indiqués par leur son,
plutôt que par leur sens. Toutefois, à l'inverse des autres systèmes d'écriture, qui ont tous évolué vers une représentation alphabétique — c'est-à-dire essentiellement phonétique — des mots, le chinois fonctionne encore autant de manière pictographique que phonétique. En outre, la représentation des sons n'a pas suivi l'évolution de la langue parlée, et reflète toujours la prononciation d'il y a trois mille ans. La langue chinoise écrite attribue un symbole ou un caractère distinctif unique pour chaque mot de vocabulaire. La connaissance de deux mille ou trois mille caractères est nécessaire à sa lecture. Les écrits les plus anciens que l'on connaisse sont des oracles gravés sur des carapaces de tortue et des omoplates de bœuf, dus à des devins de cour de la dynastie des Shang, à partir du XIVe siècle av. J.-C. On trouve également en chinois des pictogrammes à valeur phonétique, c'est-à-dire l'emprunt du pictogramme d'un mot concret pour indiquer un mot abstrait ayant une prononciation identique ou très proche. Qin Shi Huangdi, premier souverain d'un empire chinois unifié, supprima de nombreuses transcriptions régionales pour imposer une écriture simplifiée et standardisée, appelée le « Petit Sceau ». Sous la dynastie Han (206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.), le système se ramifia en divers styles : lishu, écriture des fonctionnaires, xingshu, écriture cursive, caoshu, écriture de brouillon, et kaishu, écriture régulière. Le chinois imprimé se conforme à l'écriture régulière. Les styles cursif et régulier ont introduit de nombreux caractères abrégés, employés aussi bien dans la calligraphie artistique que dans la correspondance commerciale ou privée, mais furent longtemps bannis des documents officiels. Devenue la norme en République populaire de Chine, l'impression des caractères abrégés reste proscrite à Taïwan. |
Les mayas écrivaient sur du papier fabriqué à partir de fibres végétales et utilisaient des pigments naturels pour l'encre ; ils gravaient également sur des stèles en pierre. Des codes de lois et des calendriers nous sont ainsi parvenus. L'écriture maya utilise à la fois des idéogrammes et des phonogrammes. |
Les peuples mayas
créèrent un système d'écriture hiéroglyphique
pour consigner leur mythologie, leur histoire et leurs rites sous forme
d'inscriptions sculptées et peintes sur des stèles, des
linteaux et des escaliers, ou peintes dans des livres formés
de feuilles de papier en fibres végétales recouvertes
d'une pellicule de chaux. Quatre de ces manuscrits nous sont parvenus
: le codex Dresdensis, conservé à Dresde, le Peresianus,
à Paris, le Tro et le Cortesianus, à Madrid. Ces livres,
utilisés comme calendriers divinatoires, traitaient de thèmes
comme l'agriculture, le temps, la maladie, la chasse et l'astronomie. |